Diversification en Algérie : le FMI relève des progrès, mais appelle à accélérer

Le Fonds monétaire international (FMI) constate des progrès dans la diversification de l’économie algérienne, mais estime que de nouvelles réformes restent nécessaires. Dans un article publié le 3 novembre 2026, l’agence Algérie Presse Service (APS) relaie l’appréciation positive de l’institution sur le développement des activités hors hydrocarbures. Cette lecture doit toutefois être rapprochée des réserves du FMI sur les déficits publics, les exportations et la place du secteur privé.
Le FMI relève des signes encourageants hors pétrole et gaz
Selon la dépêche de l’APS du 3 novembre, le FMI estime que l’Algérie a enregistré des avancées encourageantes vers une économie plus diversifiée. Il met notamment en avant les ressources naturelles du pays, les investissements, les réformes et les possibilités commerciales offertes par les marchés africains et européens.
L’institution relève une progression de la contribution des activités hors hydrocarbures à l’économie et un développement des exportations non pétrolières sur la dernière décennie. Mais la diversification de la production ne signifie pas automatiquement la disparition de la dépendance aux revenus du pétrole et du gaz. Les hydrocarbures conservent une place majeure dans les recettes d’exportation et dans les finances publiques.
Mines, agriculture et transports : sur quoi repose cette stratégie ?
La stratégie de diversification passe notamment par les projets miniers, la production alimentaire et la sécurité hydrique, ainsi que le renforcement des infrastructures de transport et de commerce. Les autorités mettent également en avant les réformes de l’investissement, du foncier économique et des mines, ainsi que le guichet unique national destiné aux investisseurs.
Sur le terrain, les opportunités concernent aussi les entreprises privées et les partenaires étrangers. DailyDZ a déjà présenté les projets d’investissement suivis par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et le projet agro-industriel Baladna à Adrar. Ces initiatives sont des exemples de diversification envisagée ou engagée, et non la preuve que tous les objectifs de production sont déjà atteints.
La croissance reste robuste, selon les chiffres de septembre
Dans ses consultations officielles publiées le 21 septembre 2026, le FMI estimait la croissance réelle de l’Algérie à 3,9 % en 2025, après 3,7 % en 2024. L’économie hors hydrocarbures avait progressé de 4,3 % en 2025 et devait, selon ses prévisions, croître d’environ 4 % en 2026. Pour l’ensemble du PIB, le Fonds tablait sur 3,8 % de croissance en 2026.
Ces chiffres proviennent des projections et estimations communiquées en septembre. Ils ne constituent pas un nouveau bilan statistique arrêté le 3 novembre.
Pourquoi le FMI maintient-il ses avertissements ?
Le rapport du FMI relève trois défis importants : des déficits budgétaires élevés qui limitent la capacité de l’État à amortir les chocs, la nécessité de rendre l’investissement public plus efficace, et le besoin de favoriser un développement plus solide du secteur privé.
Le Fonds recommande notamment une consolidation budgétaire progressive, une meilleure mobilisation des recettes fiscales hors hydrocarbures, des dépenses mieux ciblées et un accompagnement des ménages vulnérables lors des réformes. Il appelle aussi à réduire les obstacles réglementaires, améliorer la gouvernance et renforcer la concurrence entre entreprises publiques et privées. Ces mesures relèvent des recommandations du FMI et ne doivent pas être présentées comme des décisions déjà adoptées par les autorités algériennes.
Un progrès à mesurer sur la durée
Au-delà des annonces, le véritable test sera la capacité de l’Algérie à augmenter durablement ses exportations hors hydrocarbures, améliorer la productivité et créer des activités suffisamment compétitives sans dépendre uniquement de la dépense publique. Les appréciations positives du FMI et ses mises en garde ne sont donc pas contradictoires : elles décrivent une transition amorcée, mais encore inachevée.
Pour approfondir les risques macroéconomiques, retrouvez notre analyse des prévisions de croissance, des déficits et des recommandations du FMI publiées en septembre.
Sources : Algérie Presse Service, 3 novembre 2026 ; FMI, conclusions des consultations 2026, publiées le 21 septembre ; Algérie360, 3 novembre 2026.
