Sahara occidental : pourquoi le dossier ne peut pas être comparé à Ceuta et Melilla
La représentante de la République arabe sahraouie démocratique en Italie, Fatima Mahfoud, a réagi aux comparaisons établies entre le Sahara occidental et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Pour la diplomate, ces dossiers relèvent de cadres historiques et juridiques profondément différents.
Une revendication territoriale face à une question de décolonisation
Ceuta et Melilla sont administrées par l’Espagne depuis plusieurs siècles. Leur statut fait l’objet d’une revendication territoriale du Maroc, qui considère ces deux villes situées sur la côte africaine comme faisant partie de son territoire.
Le Sahara occidental relève d’un autre cadre. Le territoire figure depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes établie par les Nations unies. Son processus de décolonisation est donc toujours considéré comme inachevé au niveau international.
Cette distinction constitue le cœur de l’argumentation développée par Fatima Mahfoud : une revendication fondée sur la proximité géographique ou sur certains éléments historiques ne possède pas automatiquement la même portée qu’un processus de décolonisation encadré par les Nations unies.
Le principe d’autodétermination au centre du dossier
La diplomate sahraouie rappelle également l’avis consultatif rendu en octobre 1975 par la Cour internationale de Justice. Celle-ci avait examiné les liens historiques et juridiques invoqués par le Maroc et la Mauritanie sur le territoire.
La Cour avait constaté l’existence de certains liens, mais n’avait pas reconnu de souveraineté territoriale susceptible d’écarter le principe d’autodétermination des populations du Sahara occidental.
Cette dimension explique pourquoi la question sahraouie continue d’occuper une place particulière dans les discussions diplomatiques africaines et internationales.
Une bataille diplomatique autant que juridique
En distinguant les deux situations, la représentante sahraouie cherche également à empêcher que les événements concernant Ceuta et Melilla soient utilisés pour modifier la lecture internationale du dossier sahraoui.
Le débat ne porte donc pas uniquement sur l’histoire ou la géographie. Il concerne aussi le statut accordé au Sahara occidental par les institutions internationales et les conditions dans lesquelles sa population doit pouvoir déterminer son avenir.
Cette prise de position intervient alors que le dossier sahraoui demeure l’un des principaux points de tension diplomatique au Maghreb et continue d’influencer les relations entre l’Algérie, le Maroc, l’Espagne et leurs partenaires internationaux.
Source factuelle : Algérie Patriotique, 14 septembre 2026. Photo d’illustration : Mathias Reding/Unsplash.
