Hydrogène : l’Autriche compte sur l’Algérie pour sécuriser son industrie

L’Autriche affiche clairement ses attentes vis-à-vis de l’Algérie dans le futur marché européen de l’hydrogène. À Alger, le ministre fédéral autrichien de l’Économie, de l’Énergie et du Tourisme, Wolfgang Hattmannsdorfer, a qualifié l’Algérie de « partenaire solide » et expliqué que le projet SoutH2 Corridor devait contribuer à sécuriser les approvisionnements nécessaires à l’industrie autrichienne.
L’Autriche veut sécuriser son hydrogène pour préserver son industrie
Le ministre autrichien s’exprimait à l’issue d’une audience accordée par le président Abdelmadjid Tebboune aux représentants des pays engagés dans le projet SoutH2 Corridor : l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne.
Wolfgang Hattmannsdorfer a expliqué que l’Autriche cherchait à garantir des approvisionnements en hydrogène pour son industrie et qu’une relation étroite avec l’Algérie et la Tunisie faisait partie des conditions nécessaires à cette stratégie.
Un corridor de 3 300 kilomètres entre l’Afrique du Nord et l’Europe
Le projet SoutH2 Corridor doit relier l’Afrique du Nord aux grands pôles industriels européens en passant par l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne.
Selon les données officielles du projet, le corridor doit s’étendre sur environ 3 300 kilomètres. Plus de 65 % des infrastructures pourraient provenir de gazoducs existants reconvertis pour transporter de l’hydrogène.
Sa capacité potentielle d’importation est annoncée à plus de 4 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable par an, avec une mise en service visée au début des années 2030.
Une Déclaration ministérielle signée à Alger
Le 1er octobre 2026, les cinq pays partenaires ont signé à Alger une nouvelle déclaration ministérielle consacrée au projet.
Cette étape doit renforcer la coordination politique et technique entre les États concernés et prévoit notamment la mise en place d’un secrétariat chargé d’accompagner le développement du corridor.
La signature confirme donc une volonté politique commune, mais elle ne signifie pas encore que l’ensemble des investissements, financements et infrastructures nécessaires sont définitivement sécurisés.
Des opportunités d’investissement en Algérie
Le ministre autrichien a également insisté sur les possibilités d’investissement direct en Algérie pour les entreprises de son pays, notamment dans les énergies renouvelables.
Pour Vienne, le projet ne doit donc pas seulement servir à importer de l’hydrogène : il peut aussi ouvrir des marchés aux entreprises autrichiennes spécialisées dans les technologies énergétiques.
L’Algérie cherche à transformer son rôle énergétique
Le projet SoutH2 illustre une évolution importante de la stratégie énergétique algérienne : au-delà du gaz naturel, Alger cherche à se positionner sur les futurs flux d’hydrogène renouvelable vers l’Europe.
Cette ambition reste toutefois dépendante de plusieurs facteurs : coûts de production, financement des infrastructures, réglementation européenne, contrats d’achat à long terme et compétitivité du futur hydrogène algérien.
DailyDZ suit également le rôle de l’Algérie dans la coopération énergétique au sein de l’OPEP+ et les nouvelles pistes d’investissement internationales dans le secteur énergétique algérien.
Mise à jour : 2 octobre 2026.
Sources : Algérie Presse Service ; SoutH2 Corridor ; TSA Algérie.
Photo : APS.
