Affaire Doualemn : l’expulsion en urgence absolue annulée, un second arrêté reste en jeu
Le tribunal administratif de Paris a annulé le 18 septembre l’arrêté d’expulsion « en urgence absolue » visant Boualem Naman, connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Doualemn. La décision annule également le retrait de son titre de séjour et la fixation de l’Algérie comme pays d’éloignement qui accompagnaient cet arrêté.
L’affaire avait occupé une place importante dans les tensions franco-algériennes depuis le début de l’année 2025. La décision rendue cette semaine ne signifie toutefois pas que toute possibilité d’expulsion est définitivement écartée.
Le tribunal conteste l’existence d’une urgence absolue
Selon la décision rapportée par l’AFP, les juges ont estimé que les éléments présentés par le ministère de l’Intérieur ne suffisaient pas à démontrer l’existence d’un risque immédiat justifiant le recours à la procédure exceptionnelle d’urgence absolue.
Le tribunal n’a pas pour autant considéré que la situation de Boualem Naman ne posait aucune question d’ordre public. Le débat juridique portait précisément sur le niveau d’urgence permettant de s’affranchir de la procédure habituelle.
Un second arrêté d’expulsion n’a pas été tranché
Point important : le tribunal ne s’est pas prononcé sur la demande d’annulation d’un second arrêté d’expulsion, pris sans invoquer l’urgence absolue.
Boualem Naman reste donc potentiellement susceptible de faire l’objet d’un éloignement du territoire français selon l’issue de cette procédure distincte. Présenter la décision du 18 septembre comme une annulation définitive de toute expulsion serait donc inexact.
Une affaire devenue un sujet franco-algérien
Doualemn avait été interpellé en janvier 2025 après la diffusion d’une vidéo sur TikTok dans laquelle il appelait à infliger une correction à un opposant algérien. Il a ensuite été condamné pour incitation à la violence.
Une première tentative de renvoi vers l’Algérie avait échoué lorsque les autorités algériennes avaient refusé son admission sur le territoire, dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Paris et Alger.
L’arrêté d’expulsion en urgence absolue avait été pris lorsque Bruno Retailleau était ministre de l’Intérieur. Le jugement du 18 septembre porte sur la régularité de cette procédure administrative ; il ne constitue pas une appréciation générale des positions politiques prises à l’époque par les différents acteurs.
DailyDZ continuera de suivre les dossiers concernant les Algériens en France dans la rubrique Société.
Sources : Le Monde / AFP, 18 septembre 2026 ; Europe 1 avec AFP, 18 septembre 2026 ; Algérie Patriotique, 19 septembre 2026.
Photo d’illustration : Miles Smith / Unsplash.
