Carburants : pourquoi l’Algérie échappe pour l’instant à la flambée observée en France
La flambée des prix des carburants qui frappe actuellement la France ne se retrouve pas à la pompe en Algérie. La différence s’explique moins par une absence d’exposition au marché mondial que par le modèle énergétique algérien : production d’hydrocarbures, capacités de raffinage nationales et prix fortement encadrés par l’État.
En France, le gazole atteignait en moyenne 2,39 euros le litre le 18 septembre 2026, tandis que le SP95-E10 se situait autour de 2,17 euros, selon des données rapportées par Le Monde à partir de calculs de l’AFP. Cette hausse pèse directement sur les ménages et les entreprises fortement dépendantes de la route.
En Algérie, les besoins nationaux sont couverts par le raffinage
La situation est très différente en Algérie. Sonatrach indique que les performances de ses raffineries permettent désormais de couvrir totalement les besoins du marché national en carburants, sans recourir aux importations pour l’essence et le gasoil.
Le groupe public dispose de plusieurs raffineries en activité sur le territoire national et poursuit des projets de modernisation et d’augmentation des capacités. Cette stratégie réduit l’exposition directe du pays à une pénurie de produits raffinés importés lorsque les marchés internationaux se tendent.
Les subventions amortissent les variations pour les automobilistes
Deuxième élément déterminant : les prix à la pompe sont administrés et largement subventionnés. Contrairement à la France, où une variation rapide des marchés pétroliers et des coûts de raffinage peut se répercuter fortement sur les prix de détail, le consommateur algérien ne supporte pas directement toute la volatilité internationale.
C’est pourquoi une hausse mondiale du pétrole ou du gasoil ne signifie pas automatiquement une hausse équivalente dans les stations-service algériennes.
« À l’abri » à la pompe ne signifie pas sans coût pour l’économie
Cette protection du consommateur ne rend toutefois pas l’économie algérienne totalement indépendante des fluctuations internationales. Les subventions représentent un coût pour les finances publiques et un carburant vendu à bas prix sur le marché intérieur correspond aussi à une ressource qui n’est pas valorisée au prix international.
Par ailleurs, l’Algérie reste étroitement liée au marché mondial des hydrocarbures par ses exportations de pétrole et de gaz. Une hausse des cours peut soutenir les recettes extérieures du pays, mais les tensions sur les marchés énergétiques peuvent aussi modifier les coûts industriels et les équilibres budgétaires.
La différence essentielle se situe donc au niveau du consommateur : l’Algérie dispose aujourd’hui d’un mécanisme de protection bien plus important contre les hausses brutales à la pompe, grâce à son appareil de raffinage et à sa politique de prix.
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Sources : TSA Algérie, 19 septembre 2026 ; Sonatrach, activité Raffinage & Pétrochimie ; Le Monde, 19 septembre 2026.
Photo d’illustration : Engin Akyurt / Unsplash.
