Voile en France : de Villepin et Ségolène Royal s’opposent au projet de Marine Le Pen
Le projet de Marine Le Pen d’étendre l’interdiction du voile islamique en France continue d’alimenter le débat politique. Après Ségolène Royal, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a exprimé son opposition à cette proposition, alors que la candidate du Rassemblement national a récemment précisé vouloir avancer de manière progressive.
Marine Le Pen veut procéder par étapes
Le 16 septembre, Marine Le Pen a indiqué qu’en cas d’élection à la présidence de la République en 2027, son objectif resterait d’interdire le voile islamique dans l’espace public. Elle a expliqué vouloir inscrire cette orientation dans un référendum plus large consacré à ce qu’elle présente comme la lutte contre les idéologies islamistes.
Elle a également évoqué une première extension de l’interdiction à certains espaces ou situations, notamment les universités, les sorties scolaires, les fédérations sportives et les bâtiments publics.
Dominique de Villepin met en avant le risque de tensions sociales
Interrogé samedi sur LCI, Dominique de Villepin a contesté cette approche. L’ancien Premier ministre a estimé qu’une telle mesure risquerait d’alimenter les divisions et de détourner le débat d’autres priorités économiques et sociales.
Ségolène Royal avait déjà pris position contre une interdiction générale, en défendant le principe selon lequel les femmes ne doivent pas faire l’objet d’une politique de contrôle vestimentaire dans l’espace public.
Ces prises de position s’inscrivent dans un débat plus large : plusieurs responsables politiques soutiennent le projet du RN, tandis que d’autres le contestent pour des raisons politiques, sociales ou juridiques.
Que prévoit actuellement le droit français ?
En l’état actuel du droit, le port d’un foulard laissant le visage identifiable n’est pas interdit de manière générale dans l’espace public. La loi de 2010 interdit en revanche la dissimulation du visage dans les lieux publics.
Des règles différentes s’appliquent dans certains contextes. Depuis 2004, les élèves des écoles, collèges et lycées publics ne peuvent pas porter de signes ou tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse. Les agents publics sont également soumis à une obligation de neutralité dans l’exercice de leurs fonctions.
Une interdiction générale du voile dans l’espace public constituerait donc un changement important du cadre juridique actuel et soulèverait des questions de compatibilité avec les libertés fondamentales, qui devraient être examinées selon le dispositif juridique finalement proposé.
DailyDZ suivra les développements de ce débat dans sa rubrique Société.
Sources : TSA Algérie, 20 septembre 2026 ; AFP, 16 septembre 2026 ; Service-Public.fr, règles relatives à la dissimulation du visage.
Photo d’illustration : Christ Divin Mpiaya / Unsplash.
