École algérienne : Ahmed Tessa plaide pour une refondation plutôt qu’une guerre français-anglais
Le débat sur la place du français et de l’anglais ne devrait pas, selon Ahmed Tessa, être le cœur du problème de l’école algérienne. Dans un entretien accordé à TSA, le pédagogue et écrivain appelle à une refondation plus large du système éducatif, centrée sur la qualité des programmes, des méthodes et de la formation des enseignants.
Ses positions constituent une analyse personnelle et des propositions de réforme : elles ne correspondent pas à l’annonce d’une nouvelle politique officielle du ministère de l’Éducation.
La « guerre des langues » serait un faux débat, selon Ahmed Tessa
Ahmed Tessa estime que l’opposition entre français et anglais détourne l’attention de difficultés plus structurelles. Il considère que les résultats en langues dépendent avant tout de quatre éléments : des programmes cohérents, des méthodes adaptées, des manuels efficaces et des enseignants correctement formés.
Dans cette logique, remplacer une langue par une autre ne suffirait pas à améliorer les performances des élèves si les conditions pédagogiques restent inchangées.
La formation des enseignants au centre de ses propositions
Le pédagogue insiste particulièrement sur la formation initiale et professionnelle des enseignants. L’apprentissage d’une langue étrangère au primaire exige, selon lui, des compétences pédagogiques spécifiques et ne peut pas reposer uniquement sur la maîtrise académique de la langue.
Il défend ainsi une approche dans laquelle l’arabe, tamazight, le français et l’anglais sont envisagés dans une stratégie éducative globale, plutôt que dans une logique de substitution politique d’une langue à une autre.
Relancer un chantier de long terme
Pour appuyer sa proposition, Ahmed Tessa cite notamment le document « École algérienne, le défi de la qualité – Horizon 2030 », élaboré en 2016 à la suite de travaux d’évaluation du système scolaire. Il estime que cette base pourrait être réexaminée pour engager une refondation progressive.
Parmi les axes qu’il évoque figurent une meilleure coordination entre l’école, la formation professionnelle, l’université et la recherche scientifique, ainsi qu’une réduction des écarts de qualité entre établissements et régions.
Une priorité donnée à la qualité plutôt qu’au seul changement de programmes
L’idée centrale de son diagnostic est que les ajustements ponctuels ne régleront pas durablement les difficultés de l’école. Il plaide pour une politique de long terme portant simultanément sur les contenus, les méthodes, la formation des enseignants et l’articulation entre les différents niveaux d’enseignement.
Ce débat intervient alors que les questions de langues, de programmes et de qualité de l’enseignement restent régulièrement au centre des discussions en Algérie.
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Source : entretien d’Ahmed Tessa à TSA Algérie, 18 septembre 2026.
Photo d’illustration : Ivan Aleksic / Unsplash.
